Arnaud, guitar teacher

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Arnaud a 35 ans, il est professeur de guitare et de basse en MAA (Musiques actuelles amplifiées) au conservatoire de Niort. Il nous reçoit dans la salle où il enseigne et nous installe à une table dans le fond de la salle.

Pourrais tu expliquer comment as-tu commencé dans la musique ?

A 13 ans, à un repas de famille, un ami de la famille était présent, il avait rapporté une guitare électrique et un petit ampli. J’ai essayé et je suis très vite tombé amoureux de l’instrument. Finalement cette personne m’a prêté pendant 3 semaines la guitare et l’ampli, j’ai scotché sur la guitare pendant ces 3 semaines puis j’ai finalement demandé à mes parents de m’en acheter une. Ils avaient compris que c’était ça que je souhaitais faire. Suite à cela je me suis mis à la guitare de manière intensive, cela m’a permis de monter un groupe et aussi de me lancer dans de nombreux autres projets musicaux. A cette époque j’écoutais des trucs comme Nirvana, Metallica, Megadeth et beaucoup d’autre…

Quel a été ton parcours ? Comment tu as fait de la musique ton métier ?

Au début je n’avait pas vraiment de ” plan ” pour mon avenir, je voulais juste avoir un groupe, jouer et que ça le fasse ! [rires] Mais finalement je suis parti pour une fac de musicologie afin d’obtenir un Capes. Je n’étais pas toujours très sérieux durant les cours mais j’avais de très nombreux projets en tête : j’ai commencé la basse, j’ai bossé la composition, j’ai bossé le solfège comme un dingue, j’ai aussi travaillé l’expression et le fameux « repiquage » [ndlr : le repiquage est le fait de retranscrire une musique sur papier ou sur l’instrument juste en l’écoutant]. Quand j’ai fini la fac, un ami m’a dit qu’on pouvait enseigner en conservatoire en faisant le Cefedem [deux ans de formation] et j’ai répondu “Ah bon, on peut faire ça nous avec des guitare et des basses électrique ?” et il se trouve que depuis quelques années on pouvait. Il m’a dit ça la veille de la clôture des inscriptions donc j’ai monté un dossier dans la nuit et j’ai eu le droit de passer les examens d’entrée.”

Tu n’est pas passé par le CEPI, le cursus nécessaire pour enseigner les musiques actuelles amplifiées en conservatoire ?

Et bien en fait ça n’existait pas à l’époque, le DEM est arrivé au début des années 2000 mais pas dans la région. Du coup j’ai seulement pris 1 an de cours de guitare quand j’avais 13 ans, pour le reste j’ai appris sur le terrain, avec des livres ou des disques mais aussi avec des amis. Et après, comme je le disais, j’ai présenté mon dossier, passé les examens d’entrée du Cefedem et pouf me voilà ! [rires]. Ensuite j’ai mis en place le département MAA à Niort. Au début je faisais quasiment que des cours de solfège et j’avais seulement trois personnes en cours de guitare et un seul atelier en groupe, maintenant je ne fais presque plus que ça …

Où te vois-tu dans 10 ou 15 ans ?

Je ne sais pas du tout, pour l’instant je suis heureux dans la musique mais je ne me ferme pas à une éventuelle reconversion si jamais je me lasse un jour. J’aimerais faire plus de stages ou de masterclass sans avoir la prétention d’être un grand maître parce que j’aime bien les cours de guitare en face à face mais je préfère travailler avec des groupes et axer mes cours sur la scène, le son, la cohérence, l’expression…J’aimerais continuer à monter des spectacles, des projets et en faire plus…

Pourrais-tu nous parler d’Oniz, ton groupe ?

Et bien déjà ma règle numéro 1 est de me faire plaisir en jouant une des musiques que j’aime avec ce coté jazz-rock avec des boucles [ndlr : courte série de notes qui se répète] et on cherche à changer un peu les codes… Au niveau de la formation, la base c’est guitare, basse, batterie, et violoncelle. Après ça peut aussi se faire à seulement quatre, voir à trois. En ce qui concerne le style c’est trop rock pour être jazz et trop jazz pour être rock mais j’aime bien ce genre de musique un peu inclassable.

Que veux tu apporter à tes élèves ?

Ce que j’aurai bien aimé qu’on m’apporte dans les années 90 quand j’ai commencé ! C’est à dire un contexte pour apprendre, rencontrer des musiciens et s’ouvrir à la culture. Mon objectif c’est de donner à mes élèves des bagages suffisants pour savoir ‘‘comment ça se joue” et comprendre pourquoi. Et puis leur faire prendre conscience de l’importance du collectif et de faire confiance aux autres : on joue de la musique en groupe.

La rencontre semble prendre fin mais Arnaud tient à ajouter quelque chose …

Je me suis un peu calmé mais pour moi, au début, ce qu’on proposait en MAA devait être un complément pour une pratique personnelle. J’ai réalisé plus tard que le conservatoire voyait passer des “disciples” (qui veulent en faire leur métier) des “élèves” (qui suivent des cours depuis l’enfance avec assiduité mais sans ambition professionnelle) et des “clients” (qui viennent seulement par divertissement). Je n’ai aucun jugement de valeur par rapport à ces catégories ; il y a de mauvais disciples et de très bon clients ! Finalement, mon rôle est d’essayer de traiter ces différentes demandes le plus efficacement possible.”

Willy et Alexandre G.

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