« C’est un travail de longue haleine, ce sont des mentalités à changer »

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Aujourd’hui, nous sommes descendus dans la rue, pour interroger les Niortais sur l’homosexualité, la place des LGBT (Lesbian Gay Bi Trans) dans la société. Ce sujet nous tient beaucoup à cœur et il nous semblait important d’avoir l’avis des personnes que nous croisons tous les jours dans le centre-ville.

Les premières personnes interrogées sont Benoit (29 ans), technicien du spectacle et Simon (31 ans) monteur son. Pour eux, la communauté n’est pas très bien représentée. Ils ont quelques idées des enjeux, ayant des amis ou collègues n’étant pas hétéro mais ne leur parlant pas non plus de problèmes qu’ils ont pu rencontrer lorsqu’ils ont choisi d’assumer leur orientation, dans leur métier et leur quotidien.

Simon vient de Paris, il explique que pour un de ses amis Deux-Sévrien, cela a été plus compliqué. S’ils découvraient qu’un de leur proche n’était pas hétéro, ils disent qu’ils auraient un léger étonnement mais qu’ils accepteraient comme ils l’ont toujours fait. Pour eux, que ça soit un couple hétéro ou homosexuel, lesbien, tout le monde doit être à la même enseigne et tout cela avec pudeur, pour l’un comme pour l’autre. Ils ont conscience des conséquences que peuvent avoir les persécutions envers le genre ou l’orientation sexuelle. Ils reconnaissent que dans leur jeunesse ils ont pu faire des blagues qui, de manière inconsciente, étant donné la vulgarisation de certaines expressions, auraient pu blesser. Avec un certain recul, ils comprennent le mal qu’ils auraient pu occasionner.

« C’est dur de regretter, on regrette plein de choses. » Ils seraient du genre à réagir s’ils étaient témoins d’actes de discrimination, ils pensent que la société influence le manque de réactions face aux discriminations. Ce qui aiderait selon eux la communauté à ne plus subir de discriminations serait une sensibilisation dès le plus jeune âge. « C’est un travail de longue haleine, ce sont des mentalités à changer. » « Une grande partie de la société est sur la bonne voie, prête à accepter, malgré une petite frange réfractaire, il faudrait punir et condamner, car aujourd’hui les propos racistes, antisémites, homophobes sont punissable et condamnable… »

Manuel (48 ans), éducateur sportif

Manuel, 48 ans est éducateur sportif. Pour lui communauté est plutôt intégrée. « Je pense qu’après, si on regarde chaque personne, il y a toujours des cons. Globalement, il n’y avait personne contre le mariage gay, mais il y avait 2 millions de personnes dans la rue pour manifester contre. » Il côtoie des personnes du milieu LGBT, qui ont, pour lui, un problème : le regard qu’ils portent sur eux-mêmes. « J’ai un ami, il a mis 8 ans à me le dire, car il avait peur de la façon dont j’allais le voir suite à ça ».

Manuel ne sait pas comment il réagirait si quelqu’un de sa famille lui annonçait son homosexualité, mais, pour lui « ce ne serait qu’une fois de plus ». Il trouve « étrange » que l’on se pose la question du droit ou non aux couples non-hétéros d’avoir une relation normale en public (se tenir la main, s’embrasser…)

Les persécutions concernant des orientations sexuelles apportent « un grand mal-être »,  « je suis éducateur sportif, je le vois bien, ils ne savent pas vraiment où ils en sont, mais les tortures psychologiques ne facilitent rien… ». « Peut-être que j’ai déjà regardé quelqu’un intensément sans en avoir conscience, je ne peux pas dire que je n’ai jamais blessé quelqu’un, je n’en sais rien… ».

« Il y a une infinité de couleurs dans la nature et juger un amour entre les personnes dans cette immense diversité, c’est stupide. » Manuel, lui aussi, estime que la pédagogie est nécessaire. « Il faut désacraliser, ce que j’ai pu voir de la vie c’est que mes amis, hétéros ou homosexuels ont les même galères, il y a les mêmes cons, il y a des amours qui marchent et d’autres qui ne marchent pas et il y a de la place pour tout le monde sur cette terre. »

Après avoir interrogé une dizaine de personnes, les avis restaient à peu près les mêmes. À notre grande surprise, nombreux étaient ouverts sur la question de l’homosexualité et le fait que des couples homosexuels puissent se montrer dans la rue n’en a dérangé une minorité. Les autres espèrent tout simplement qu’ils aient les mêmes droits que les couples hétéros, tant que les notions de pudeur et d’intimité sont respectées à parts égales.

La majorité des personnes rencontrées, bien que bien intentionnée, était mal informée quant aux souffrances endurée par la communauté LGBT au quotidien. L’on nous a souvent répondu que la communauté était déjà bien intégrée et ne souffrait pas tant que cela, alors qu’un adolescent en questionnement sur son genre ou son orientation sexuelle aura 4 fois plus de facilité à se suicider, que 67% des transgenres de 16 à 26 ans ont déjà pensé au suicide, 34% ont déjà fait entre 1 ou 2 tentatives de suicide.

Certes la question sur les transgenres n’a pas été énormément évoquée, mais nous avons soulevé le fait que dans LGBT il y a les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels et les transgenres, sans parler des extensions de cet acronyme, parlant de l’immensité de genres existants, mais aucune personne n’a soulevé le mot « transgenre » ni n’a relevé lorsque nous avons évoqué les « genres » et la différence entre l’orientation sexuelle et ceux-ci.

Mais, au vu de la diversité dont fait partie chaque personne nous ayant répondu, nous pensons qu’il y a de l’espoir et que la cause des LGBT avance dans le bon sens, il va donc falloir continuer d’informer et de sensibiliser.

Daniel et Rémi

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