Comme ils disent

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Antoine :

Mon réveil sonne. Je me réveille et vais me préparer et je file sous la douche. Douche, shampoing et après-shampoing terminé je vais m’habiller avec soin et mon frère jumeau rentre dans ma chambre «  Antoine, arrête de faire ta belle ! Dépêche-toi ! » Plus le temps pour un petit dej’, je prends une tartine et hop dans le bus.

En passant les portes du bus, je sens le regard des gens se poser sur moi. Je trouve une place au milieu d’enfants qui s’écartent de moi peu à peu, en chuchotant « Me touche pas pédé ». J’arrive enfin au lycée, mais la journée ne fait que commencer.

Dans le couloir, avant de rentrer en cours, je vois Patrick et mon visage s’illumine. Si seulement ! Il est tellement beau. C’est le seul garçon de la classe qui ne fait pas de différence entre moi et les autres. Pendant le cours de français, ennuyant à mourir comme d’habitude, je suis dans mes pensées quand la prof me ramène à la réalité pour m’interroger.

« Viens au tableau et fais-nous un résumé de la troisième partie de Madame Bovary ». Je m’exécute. Arrivée au tableau, Tom, le mec le plus macho de la classe me sort « Il n’est pas un peu serré ton jean ? ». Mal à l’aise, je n’ai pas répondu et attendant une réaction de la prof, je constate son indifférence. Je continue mon résumé, mais mes camarades avaient préparé des boulettes de papier auxquelles je ne pourrai pas échapper. Je recherche de l’aide en regardant Patrick et je ressens sa compassion dans son regard. Ce cours allait présager du reste de ma journée.

Le soulagement, l’heure du déjeuner arrive et je rentre manger chez moi pour m’éloigner de tous ces gens qui me jugent sans essayer de me comprendre. Arrivé le premier, je mets la table et je prépare le repas pour tout le monde. Mes parents arrivent et mon frère nous rejoint peu de temps après. Mon frère me lance « Merci ma belle, de nous avoir préparé le repas ». Je rétorque en lui lançant mon verre d’eau au visage, mais mon père réagit en m’attrapant le bras « T’apportes déjà assez de problèmes comme ça donc n’en rajoute pas ! ».

Je lui réponds : « ce n’est pas de ma faute c’est lui qui m’a cherché ». Ma mère essaie de nous calmer en nous apportant le dessert, mais mon père ne s’est pas calmé « J’en ai marre de toi ! T’aurais pas pu être normal comme ton frère ? Tout aurait été plus simple. »

Je quitte la table en vitesse, attrape mes affaires et je vais au parc pour être tranquille. « Tant pis pour les cours, de toute façon ça ne sert à rien ».

SMS de Patrick 13H40 : Pourquoi t’es pas venu en cours cet aprèm ?! 18H au parc, comme ça tu m’expliques.
SMS d’Antoine 15H: Je te raconterai tout ce soir. Merci.

Patrick arrive derrière moi, il me surprend et sans hésiter je lui fait un câlin. Je le sens gêné, mais content et il sourit. Je lui explique ce qui c’est passé à midi, les propos de ma famille et il me console, me convainc de rester chez lui cette nuit. J’accepte, mais j’envoie un message à ma mère pour la prévenir.

SMS d’Antoine 19H15 : Ne t’inquiète pas, je dors chez un pote ce soir.

Chez Patrick, c’est tout le contraire de chez moi. Je suis très bien accueilli et pendant le diner son père me parle normalement, gentiment. Il me pose des questions pour apprendre à me connaître. Je me demande pourquoi le mien n’est pas comme ça. Le dîner se passe bien, on a tous bien mangé, après avoir débarrassé, on décide donc d’aller dans la chambre de Patrick. On parle longuement puis après un câlin, on décide d’aller se coucher chacun de notre côté en attendant le lendemain.

Patrick :

Ma mère vient frapper à la porte de ma chambre pour me réveiller « Mon chéri, il faut que tu te réveilles ou tu vas être en retard ». Je me lève de bon pied et je me précipite, la faim au ventre, vers la table de petit déjeuner. Mon père vient me dire de me dépêcher pour ne pas louper mon bus, donc je me presse, prends les premiers vêtements qui me tombent sous la main dans mon armoire. J’attrape mes affaires et sors de chez moi en courant. J’arrive à attraper mon bus à la dernière minute.

Arrivé au lycée, je dis bonjour à mes potes et je vais attendre la sonnerie devant la salle. La sonnerie retentit et une vague d’élèves me submerge, mais au milieu d’eux, Antoine me sourit. J’aimerais tant avoir son courage et sa force pour accepter qui je suis. En cours de français, j’assiste au pire. Antoine qui était en train de rêver se retrouve au tableau et il est persécuté par Tom, quel con !.

Je m’en veux de ne pas avoir réagi et c’est une honte que la prof n’ait pas réagi. Les choses dégénèrent et il se retrouve assailli de boulettes de papier. Je vois dans son regard qu’il recherche de l’aide, mais je ne réagis pas. Je ne veux pas me retrouver dans cette situation. C’est tellement dur de voir ça.

Je rentre manger chez moi et mon père toujours aussi lourd me sort « Quand est ce que tu nous présentes ta copine ? ». Je ne sais pas quoi répondre et ma mère intervient « Laisse-le tranquille, il fait ce qu’il veut de sa vie de toute façon ». Mon père lui répond avec un ton ironique « T’as raison, mais tant que tu ne te ramènes pas à la maison avec un mec.. ».

Ma mère lui fait signe qu’il devient lourd, il s’arrête et on change de sujet. C’est dans ces moments-là que je perds espoir que mon père puisse me comprendre un jour. Je retourne au lycée et en rentrant en cours, je remarque qu’Antoine n’est pas là. Je m’inquiète. Je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis ce matin. Je passe mon après-midi à penser à lui. Je lui envoie un message, mais je n’ai toujours pas de réponse. Tout de suite sorti du cours d’histoire, je vérifie mon téléphone et Antoine m’a enfin répondu. Maintenant, je n’est qu’une envie, c’est que la journée se termine le plus vite possible pour pouvoir le rejoindre.

17H50 : j’entends la sonnerie. Je suis le premier à sortir de la salle de cours et je fonce vers le parc. Je l’aperçois au loin et m’approche de lui. Je lui touche l’épaule et immédiatement, il me serre dans ses bras. Surpris je suis un peu gêné au début puis par la suite, il me met à l’aise. Malgré la mauvaise blague de mon père au déjeuner, je décide de l’inviter pour dormir ce soir à la maison. J’insiste à plusieurs reprises, il accepte.
Il est l’heure de dîner et mon père souhaite faire connaissance avec Antoine. Je les laisse dialoguer. Nous finissons de manger, débarrassons la table puis montons dans ma chambre au calme. Nous avons parlé des événements de la journée. J’ai quand même eu le droit à un câlin avant d’aller me coucher ; la journée se finit bien.

Emma, Manon, Daniela

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Manon Emma et Daniela

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One Comment

  • ciechristine.m@gmail.com'
    Christine commenté sur 25 mars 2016 Répondre

    C’est un très beau texte.

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