Des paroles et des maux

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Aujourd’hui nous avons décidé de profiter de la semaine contre la haine pour parler de nos expériences avec la discrimination. Après une semaine passée à aller vers les autres, c’est à nous de témoigner.

« Quand j’étais au collège, j’avais un peu d’embonpoint. Mais dans ces âges, les enfants sont durs entre eux et j’ai passé mon collège à me faire appeler Bouboule et à subir de mauvaises plaisanteries qui m’ont beaucoup blessé… En arrivant au lycée je pensais que c’était terminé. Mais l’année dernière, il faisait chaud, c’était en plein été et j’étais torse nu et quelqu’un m’a dit : “Ah, mais en fait t’es gros”… »

« Au collège j’étais mis dans la case de l’intello, il n’y avait pas de violence physique, mais les mots font plus de mal que les coups. J’ai subi des pressions psychologiques de la part de nombreux camarades de ma classe, principalement des insultes ou des remarques violentes. Durant plusieurs années j’ai été mal dans ma peau, à la limite de la dépression. Plus tard durant des vacances j’ai réussi à obtenir un job d’été, mais un jour ma chef m’a fait venir dans son bureau et m’a très clairement expliqué que je n’étais qu’un petit bourgeois stupide sans aucun talent qui n’arriverait à rien dans la vie sans papa et maman derrière lui. Venant d’un milieu plutôt privilégié, j’ai très mal pris ces remarques qui pour moi étaientt de la discrimination sociale pure et simple. »

« Au collège, mon propre petit ami avait monté des gens contre moi et il m’insultait en me traitant de “grosse”. Leurs propos étaient infondés, mais à l’époque j’étais influençable et j’ai quasiment arrêté de manger. J’ai perdu 5 kilos que je n’ai jamais repris depuis. »

« Quand j’étais en 5e, j’avais des manières assez efféminées… Mes camarades me bousculaient tout le temps et venaient en bandes. Il m’insultait : “gros PD”,  “tapette” et cela m’a beaucoup perturbé. [ému]. J’ai finalement fait une dépression. »

« Étant une fille avec des cheveux blonds j’ai eu souvent le droit a des remarques comme “’blondasse”’ ou “’conne”’, ayant aussi des origines portugaises j’ai eu le droit aussi à d’autres remarques comme “’ta mère est femme de ménage”’ ou “’ton père est maçon”’. »

« J’ai subi plusieurs discriminations, principalement car selon les gens j’étais une droguée à cause de mes écarteurs aux oreilles, j’étais différente d’eux. De plus l’aveu de mon homosexualité a provoqué des insultes qui au départ me touchaient, on me traitait de “’sale gouine”’ ou de “’bouffeuse de chatte”’. »

« Quand j’étais jeune, à 6 ans, j’ai habité au Maroc pendant un an. Je n’avais aucun ami à l’école et tout le monde me détestait parce que j’étais française. Une fois je me suis assise sur “le mur des garçons” et un garçon s’est approché de moi pour me frapper puis tous les enfants ont commencé à me jeter des pierres. Je suis rentrée chez moi en pleurant… »

« Quand j’étais petit, tout le monde m’insultait parce que j’étais roux. Cela a duré trois ans. Pendant cette période j’étais mal dans ma peau, mais finalement c’est un peu ce qui a forgé mon caractère. »

« Lorsque j’étais au collège j’avais un style de métaleux gothique, les gens me regardaient toujours de travers ou alors je sentais qu’ils me résumaient uniquement a mon apparence vestimentaire. »

« Ayant des lunettes j’ai tout de suite été mise dans la case intello par les autres au collège, j’ai les cheveux courts et un style de garçon manqué ce qui donnait l’impression aux autres que je n’étais pas une fille, que je n’étais pas féminine selon eux. Selon eux une fille ne peut pas avoir des cheveux courts, une fille doit obligatoirement avoir les cheveux longs. »

Sur une classe de 15 élèves aucun n’a été épargné par la discrimination, qu’elle soit sociale, physique, raciale ou sexuelle. Les tentatives de préventions de l’éducation nationale ou des parents ne sont visiblement pas efficaces. Le changement de mentalité de peut venir seul, plus de répressif, plus d’éducation à la différence, d’apprentissage à l’égalité…? Le résultat est certainement dans la somme de cette équation.

Willy et Alexandre G.

Illustration : Naëma

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One Comment

  • remipetit3EDali@yahoo.fr'
    Rémi Petit commenté sur 25 mars 2016 Répondre

    Je suis en 1ere L et pour notre travail de TPE, mes amis et moi avons travaillés sur Le Harcèlement Scolaire, sous la forme d’une vidéo, nous avons mit en scène la journée “normale” d’un élève harcelé en présentant différentes formes de harcèlement : physique, moral (élèves et profs), cyber-harcèlement… Nous avons aussi décidé de montrer la fatalité du harcèlement en mettant un scène un suicide, en mettant en scène la vérité… Cette vidéo a été envoyée à l’Education Nationale dans le cadre d’un concours, elle a été refusée, pourquoi ? Car elle montrait la vérité et la violence du harcèlement. Plutôt que des mots, nous avons décidé de montrer des actes. Les jurys n’étaient visiblement pas prêts.

    Comment pouvons nous stopper cette haine de la différence si l’ont refuse encore de la montrer?..

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