La Nouvelle République entre les lignes

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Nous nous sommes posé des questions sur le fonctionnement d’un journal à l’échelle locale sur une ville comme Niort. Nous sommes donc allés à La Nouvelle République interroger Philippe Barbotte, directeur de l’édition des Deux-Sèvres, dont la plus grande partie de sa carrière journalistique s’est faite avec ce journal, il nous parle de celui-ci comme étant « absolument indépendant ».

La Nouvelle République est née de la résistance, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a commencé à paraître le 1er septembre 1944 « dans l’Indre-et-Loire et très vite des résistants ont essaimés un peu partout le journal, et cela a crée de nouvelles éditions » : l’Indre-et-Loire, l’Indre, le Loir-et-Cher, le Cher, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Sarthe et le Loiret.

Qui dit journal étendu dit distribution étendue, aujourd’hui, le taux d’abonnement de La Nouvelle République est de 75 % et 25 % en vente libre, « ici à Niort notre particularité, c’est d’être à 93 % d’abonnement avec un très fort taux de distribution », puis il ajoute « un journal a une fraîcheur qui fait qu’il est intéressant le matin ». La distribution du journal se fait dès l’aurore, les clients sont exigeants. Le journal s’écoule en moyenne à 29 000 exemplaires par jour. En ce qui concerne le site internet totalise près de 380 000 vues par semaine et aux environs de 50 000 vues par jour. « Jusqu’en 2006 on ne publiait pas le dimanche ni les jours fériés […], maintenant nous publions tous les dimanches, sauf quelques jours fériés ».

Le prix du journal est de 95 centimes pour toute la semaine, sauf le samedi où il est à 1,10 euro et le dimanche à 1 euro, « Si nous ne mettons pas de la publicité dans le journal, il serait aux environs de 1,50 euro ».

Pour en revenir au site internet de La Nouvelle République, tout le contenu du journal papier est retranscrit sur celui-ci et il est enrichi par de multiples exclusivités telles que des vidéos venant finaliser un article. Derrière ce travail il y a une difficulté, en effet, le site étant gratuit il ne génère pas d’argent. Philippe Barbotte dit à propos de cela : « Il va bien falloir un jour, compte tenu des baisses des ventes, qu’on fasse payer un petit peu sur le site internet ».

Mais tout cela ne serait pas possible sans un regroupement de cette équipe, avec une réunion de rédaction. « Lors des réunions de rédaction, les journalistes choisissent leurs sujets de toute la semaine en fonction de l’actualité et ils les inscrivent sur un agenda » qui est l’emploi du temps hebdomadaire. Il ajoute ensuite « toutes les réunions se passent le lundi matin pendant environ 2 heures », avec les bureaux détachés, à Parthenay, Bressuire et à Thouars en audioconférence ; ensuite avec la rubrique des sports, et l’équipe dédiée au site web, par exemple.

Les pages les plus vues de l’édition papier sont l’horoscope et les faits divers. « Rare sont les gens qui vont jusqu’au bout d’un article, c’est pour cela que nous faisons des articles relativement courts, aux environs de 70 ou 80 lignes ». Effectivement, le lecteur commence à lire le titre, pour ensuite lire la légende de la photographie, le « chapô » (le titre intermédiaire), et la relance (pour essayer de relancer l’intérêt du lecteur) pour finalement lire l’article même. « Très peu de gens lisent entièrement un article ».

L’un des enjeux principaux d’un journal est bien évidemment sa Une. « Elle se construit sur la base de ce qui est publié le lendemain dans le journal […] Nous ne nous embarquons pas dans une considération nationale ou internationale ». Il peut y avoir « des centres d’intérêt liés à cette information [nationale ou internationale] qui peuvent susciter un intérêt à l’échelle locale ». Il nous donne l’exemple de la guerre en Afghanistan, car « on peut faire interroger un réfugié afghan sur les réalités de son pays ». La Nouvelle République valorise sa Une à l’échelle locale chaque journaliste essaye « de proposer » son article à la Une. « La Une c’est toujours un sujet de débat. Tous les jours il y a un pilote qui centralise les propositions, regarde le journal et ensuite fait les titres de la Une aux environs de 20 heures 30, pour le lendemain ».

« Les premiers outils d’un bon journaliste sont du papier et un crayon »

Nous avons eu une autre interrogation qui s’est portée sur les qualités requises pour être un bon journaliste, « les qualités d’un bon journaliste sont la rigueur, l’honnêteté intellectuelle et la curiosité ». Les journalistes ne sont pas là pour « pointer du doigt, pour mentir, ne par vérifier ses sources, il faut toujours les recouper pour être sûr que c’est vrai ». De plus la figure d’un journaliste est importante, en effet, pour lui le parfait journaliste est d’abord « quelqu’un qui est un lien entre l’actualité et ceux qui vont la lire. Il donne les clés. Il ne mélange pas la réalité et le commentaire ». Il ajoute à cela un exemple d’actualité : « Nous ne sommes pas là pour juger de l’opportunité ou de la légalité de l’action de Madame Fillon, nous sommes là pour le dire ; après chacun pense ce qu’il veut ».

Le problème aujourd’hui, c’est que la presse écrite est de plus en plus laissée de côté par les jeunes : « En 1973, 36 % des 15-24 ans lisaient un journal tous les jours ou presque. En 2008, ils n’étaient plus que 10 % » (1), et le chiffre ne cesse de diminuer. Nous pouvons alors nous poser quelques questions quant au futur de la presse écrite.

Lucien, Annabelle et Timothée

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2 Comments

  • veronique.bonnetleclerc@gmail.com'
    Véronique Bonnet-Leclerc commenté sur 11 mars 2017 Répondre

    Bravo, voilà justement un article rigoureux, précis et plein d’infos ! Et qu’on a envie de lire jusqu’au bout 😉

  • nadine.motard@cegetel.net'
    Nadine M. commenté sur 11 mars 2017 Répondre

    Un article intéressant et bien construit. Bravo aux jeunes journalistes!

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