La scène rap niortaise

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À Niort, depuis 8 ans, s’organise un festival appelé En vie urbaine qui vise à mettre en avant la culture urbaine en mettant en place des événements en accès libre ou à tarif réduit. Comme le « Clash Contest », une compétition au skateparc de Pré-Leroy, opposant des skateurs de toute la région. Ou encore « Tremplin Rap », qui réunit 8 artistes sélectionnés sur écoute et permet aux deux premiers de jouer en première partie du Festival En Vie urbaine. Sizaye, rappeur niortais, a déjà participé 3 fois, et c’est finalement en 2015 qu’il est monté sur scène aux côtés de la rappeuse suisse La Gale, le duo Hustla et Yatus, le deuxième vainqueur du tremplin rap.

Nous avons soumis à un jeu de questions Mathieu Revertido, président d’En Vie urbaine et Khaled Benaziz.

Organisez-vous des concerts de rap ? Si oui, pourquoi ?

Oui, car la culture dans laquelle se trouve le rap est intéressante à développer, puisqu’elle était peu présente à Niort.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le rap ?

Ce que j’aime, c’est l’énergie, la fluidité et les rassemblements qu’offre le rap. 

Que pensez-vous du rap et de son évolution ?

Je pense que les médias représentent mal cette culture et que le rap évolue avec son temps, comme en ce moment où l’on voit beaucoup d’instrumentales s’orientant dans le style électro ou trap. 

Connaissez-vous des artistes hip-hop niortais ?

Oui, j’en connais, notamment Sizaye, vainqueur du tremplin rap de 2015 et Tiwanka, qui a remporté celui de 2011. 

Quels retours avez-vous eus sur les concerts de rap que vous avez organisé ?

En ce qui concerne les tremplins rap et le festival, beaucoup de retours positifs, après il y a toujours des critiques, mais dans l’ensemble, ça reste bon.

Comment réagit le public niortais face au rap ?

Au départ, il y avait un public « timide » en quelque sorte, mais qui évolue lui aussi positivement et qui est de plus en plus nombreux !  Ce qui nous motive encore plus à organiser ce genre d’événement. 

Khaled Benaziz, gérant d’un bar dans la ville de Niort qui se nomme l’Entracte.

Nous lui avons donc demandé si lui aussi il organisait des concerts de rap, et sinon pourquoi ?

Non, car je n’ai pas la clientèle pour organiser ce genre d’événement. 

Que pensez-vous du rap et son évolution ?

J’aime bien le rap, c’est une musique contemporaine et accessible. Personne n’a besoin d’être un grand musicien pour faire ou écouter ce genre de musique. Son évolution ? Je ne la vois pas trop puisque je ne l’écoute pas vraiment, mais ça reste une musique d’actualité.

Connaissez-vous des rappeurs niortais ?

Oui, 2 ou 3 se sont démarqués, mais je ne me souviens pas des noms… 

 

Nous avons également décidé de questionner Vincent, disquaire indépendant à Niort depuis 3 ans. À son compte depuis 2009.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ça ?

Ah c’est une longue histoire, je ne peux pas résumer ça en quelques mots, mais en gros c’est né d’une passion. 

Et sur la scène rap à Niort, qu’est-ce vous pourriez nous dire ?

Pas grand-chose, parce que je la vois pas forcément très active actuellement, il y a quelque projets sur Niort, qui ne viennent pas à mes oreilles. Maintenant les modes de consommation ont changé, donc c’est certain des choses qu’on trouve sur internet, mais on les voit plus passer puisqu’il y à des millions et des millions de titres, sans mots clés ou connaissances, on n’en entend pas parler. Il y a quand même une vie hip-hop à Niort, avec le festival En Vie urbaine qui organise un festival chaque année. 

Que pensez-vous du rap ? 

Moi j’aime bien le rap, je suis ouvert à tout. J’écoute tous les styles et tant que c’est bon, c’est bon. Peu importe d’où ça vient. 

Comment voyez-vous l’évolution du rap ?

Je ne suis pas assez spécialisé pour avoir un avis là-dessus. Mais je pense qu’il faut dissocier la culture hip-hop, le rap et le hip-hop lui même. Après je suis pas très branché par ce qu’il se passe actuellement, je préfère me tourner vers les États-Unis ou l’Allemagne, vers des choses qui me parlent plus. Après si l’évolution du rap c’est Maître Gims, moi je ne considère pas ça comme du rap. C’est un effet de mode et comme tous les effets de mode, ça passe. Après j’en sais rien. 

Dans le but de nous plonger totalement dans cet univers, Sizaye, qui rap depuis 2003 à bien voulu répondre à notre questionnaire.

Peux-tu te présenter ? 

J’ai adopté ce nom en 2003, ça vient d’une chanson de Benji du duo des Nèg’Marrons que je chantais tout le temps quand j’étais petit qui disait «  mec, ça va saigner, c’est clair, j’ai un style qui cisaille ». Je n’arrêtais pas de le répéter alors on m’a appelé Sizaye.

Quel est ton parcours ?

J’ai commencé l’écriture en 2003, mes premiers enregistrements étaient sur des enregistreurs cassettes, j’ai commencé à rapper sur des fins d’instrumentales parce que je n’avais pas de PC et je rappais aussi a cappella. J’enregistrais tout seul dans ma chambre, j’ai fait des petits projets, par la suite j’ai rencontré un animateur qui s’appelait Moustafa, il avait des platines avec ce qu’il fallait pour enregistrer, grâce à lui j’ai fait mes premières scènes à 13 ans.

Et maintenant ?

J’ai deux réalisateurs de clip, je commence à être pas mal entouré, des gens qui me font des prods, d’ailleurs dans deux semaines je vais tourner un clip, tout s’annonce très bien pour moi, dernièrement j’ai fait un open mic à Nantes, je suis sur scène de temps en temps, dernièrement à l’Alternateur. J’ai gagné un tremplin rap ce qui m’a permis de faire une première partie au Camji, tout cela m’a permis de faire des clips, des scènes, des freestyles parce que j’écris toujours. Rapper est une raison de vivre.

Quelles sont tes influences ?

J’ écoute toutes sortes de rap, tant que ça me plaît et que ça me parle, je kiffe, après je suis quand même plus axé sur tout ce qui s’oriente rap « old school » je ne dis pas que le rap était mieux avant, mais ce sont mes influences comme Asenik, ou encore le rappeur Lunatic et dans le rap actuel celui qui m’impressionne le plus en termes d’écriture et de plume c’est Nekfeu j’ai du respect envers lui, car il a charbonné pour en arriver là.

Que cherches-tu à faire avec le rap ?

C’est un rêve d’enfant, si je peux réussir dans ce milieu, en tout cas je m’en donne les moyens, je suis déterminé à réussir, je vais tout faire pour y arriver.

Est-ce que tu travailles ?

Oui je travaille à côté, je suis assembleur- soudeur, je suis dans le domaine industriel, je ne suis pas quelqu’un de bureau, mais quelqu’un de terrain.

D’après toi, la scène rap niortaise qu’est-ce que c’est ?

À Niort je trouve que c’est handicapant en termes d’exposition et de contact, dans le milieu du rap et du hip-hop à Niort c’est très restreint, il n’y a pas assez d’ événements, de scènes et d’ animations. 

Est-ce que cela a été « facile » de te faire un nom dans une ville comme Niort ?

Je ne sais pas si je me suis fait un nom ou pas, je pense que ça commence à prendre forme, en tout cas je m’en donne les moyens et je sors régulièrement des choses. Après il y a des gens que je croise dans la rue, mais qui n’ont pas forcément une culture hip-hop et qui me demande : “alors Sam quand est-ce que tu sors un nouveau son”. Ce qu’il faut savoir c’est que la musique est un luxe, il faut beaucoup d’argent, tout coûte cher et j’investis beaucoup, c’est pour cela que je ne pas me permettre de sortir des sons tous les jours, mais si j’avais l’argent je le ferais sans hésiter, après je vais souvent au studio et j’ai des centaines de sons que personne ne connait et qui ne sortiront peut-être jamais et cela me frustre. 

Penses-tu continuer le rap ? Et si oui où te vois-tu plus tard ?

Bien sûr que oui je compte continuer le rap, c’est quelque chose qui me tient à cœur, c’est une passion et à partir de là je ne peux plus m’arrêter, même si parfois j’ai des coups de démotivations parce qu’il y a certaines choses qui ne sont pas à la hauteur de mes attentes, c’est un peu frustrant, mais je me remets en questions et puis je continu.

Aimerais-tu un jour te plonger complètement dans le rap et en faire ton métier ?

Ma réponse va peut-être sembler radicale, mais il est clair que je veux en faire mon métier. 

Nous avons rencontré un beat-maker connu dans le milieu hip-hop sous le pseudonyme de Meyzo.

Peux-tu te présenter ?

Mon pseudonyme est Meyzo, je suis beat-maker et DJ, je suis basé sur Niort et Poitiers, son fait 10-11 ans que suis au platine, j’ai commencé par le scratch. Maintenant les gens me considèrent plus comme un beat-maker parce qu’on me demande de faire des productions.

Quel est ton parcours ?

J’ai fait un petit parcours, car j’ai commencé au collège avec le scratch, c’est plus le vinyle qui m’a permis d’en arriver là, c’est surtout ce qui m’a permis d’être dans la production avec la recherche de sample. Maintenant ça fait 4-5 ans que je produis régulièrement et je fais des scènes depuis 3 ans alors qu’avant je produisais dans ma chambre.

Quelles sont tes influences ?

Mes influences se font par période, mais ce qui m’a le plus influé c’est le rap français quand j’étais petit, mais aussi les musiques américaines comme DJ Shadow.

Que cherches-tu a faire en créant des instrumentales ?

Je ne sais pas s’il y a vraiment un but, mais il y a un côté vachement instinctif, quand je me lève le matin je me mets directement à faire des instrumentales, parfois des amis demandent que je leur fasse des instru, ce qui me motive c’est de faire quelque chose de meilleur que l’instru précédente, le principal c’est de se renouveler à chaque fois.

Travailles-tu à côté ? Et si oui dans quoi ?

J’ai d’abord essayé pendant 3 ans de vivre de la musique, mais je n’arrivais pas à en vivre donc maintenant je travaille à côté, mais parallèlement je travaille pour une tournée avec Lomepal, je pense que pour que je puisse vivre de ma musique il faudrait faire plus de concerts et vendre ma musique sur des supports digitaux.

D’après toi la scène rap niortaise, c’est quoi ?

Je ne sais pas vraiment ce que c’est maintenant, mais avant je la connaissais, car j’écoutais beaucoup de rap français, maintenant j’écoute plutôt des musiques américaines, ou alors en termes de rap français j’écoute ce que font mes amis et je m’arrête là.

Est-ce que ça a été facile pour toi de te faire un nom dans une ville comme Niort ?

Je ne sais même pas si j’ai réussi à me faire un nom, c’est naturel, je n’ai jamais essayé de me faire un nom, après j’ai eu quelques opportunités, donc je ne pense pas m’être fait un nom.

Penses-tu continuer à faire de la musique ? Et si oui, où te vois-tu plus tard ?

Je me suis souvent demandé si un jour la musique allait me lasser, mais ça m’étonnerait que cela arrive rapidement, il faudrait qu’il y ait un chamboulement énorme dans ma vie. Après j’écouterais toujours de la musique, parce que c’est toujours et restera toujours une passion.

Penses-tu te plonger complètement dans la création d’instrumentales et en faire ton métier ?

Je voudrais en faire mon métier, mais c’est très difficile d’en vivre, car il faudrait faire beaucoup de concerts et c’est pas forcément ce que j’aime faire, c’est un rêve d’en faire mon métier, mais il n’y a pas beaucoup de beat-maker qui vive de leur passion en France.
La scène rap niortaise est vraiment très handicapante à en croire Sizaye puisque pour lui il n’y a pas assez d’événements, de rassemblements et de concerts organisés à Niort pour que la culture hip-hop se développe pleinement Niort.

Baptiste et Matéo

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