Les incendies éteints par le Grand feu

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« Parler du Grand Feu sans évoquer la ville de Niort serait faire injure à une histoire, une géographie, une culture toute particulière. D’un simple camp de pêcheurs, la Sèvre a donné l’accès à l’océan et mille destinations » annonce les premières pages d’un livre consacré au centre de rééducation et réadaptation fonctionnelle. L’origine du Grand Feu remonte au 28 novembre 1965. Date de l’accident de son fondateur qui a fait trois morts, dans ce drame, Jacques Brunet a perdu sa fille et son épouse. L’autre conducteur lui est décédé quelques semaines plus tard. De son côté, il a été gravement blessé et plus particulièrement aux jambes.

L’idée de créer un centre de convalescence avec prise en charge s’est concrétisée le 25 octobre 1970 avec l’ANUAR – Association Nationale des Usagers et Accidentés de la Route – « Il existait une salle de kiné à l’hôpital de Niort avec un kiné, il n’existait rien à Poitiers, rien à Angoulême, rien à La Rochelle, et je voulais changer cela ».

« Il y a beaucoup de théories sur le nom du Grand Feu. Entre une origine d’un incendie au Moyen-âge, la construction d’une verrerie et donc de fours allumés en permanence. Je dois vous révéler le secret du nom : Il s’agit tout simplement d’un lieu, comme on en voyait beaucoup en campagne. Il y avait comme une petite grotte, mais qui a disparu avec les terrassements. Les gens du voisinage faisaient du feu pour y faire cuire les tartes, le pain, leurs repas. On disait “on va au grand feu”. C’était un four commun, finalement cela me plait ainsi, c’était déjà un lieu accessible à tous et œuvrant pour l’intérêt collectif ».

Charline, à peine 30 ans est une jeune femme pleine de joie avec un caractère de battante, un trait hérité d’un accident qui a fait basculer sa vie en novembre 2012 et l’a amené à séjourner au Grand Feu. Alors qu’elle était avec 3 amis, elle est fauchée par un jeune homme sur le seuil d’une maison de l’un. Le conducteur sous emprise de drogues et d’alcool, roulait très vite. L’impact lui a fait faire un tour sur elle-même qui lui a déchiqueté la jambe et l’a envoyé 5 mètres plus loin. Hélitreuillée par les pompiers en direction du CHU de Nantes, on lui diagnostique une tâche hémorragique au cerveau qui finira par se résorber, 11 fractures au bassin et un délabrement de la cuisse droite avec les trois quarts du quadriceps en moins, elle sera greffée par la suite.

Plongée 6 jours dans le coma artificiel, elle passe les 3 jours suivant son réveil à délirer, sous l’effet de la morphine. Après 15 jours dans le service de réanimation puis 15 jours au service de chirurgie orthopédique au CHU de Nantes, elle est transférée le 6 décembre 2012 au Grand feu à Niort.

Jusqu’en avril 2013, elle est placée en hospitalisation complète. La vie au Grand feu est rythmée par des soins quotidiens, des joies, des peurs, des pleurs, des douleurs, des inquiétudes, mais aussi des rires, des souvenirs, des soirées (avec animateurs ou entre patients).

Le lien entre patients est bien plus important qu’on ne le croit puisqu’ils sont tous présents pour des raisons plus ou moins similaires. « Se serrer les coudes », « tous dans la même galère » sont des mots qui font sens dans sa bouche. Elle parle aussi de « coups de gueule », de petits « flirts ».

Au niveau des soins, ayant 23 ans à l’époque, elle explique qu’il était compliqué au départ d’accepter que des hommes viennent faire sa toilette. Les journées sont réglées : réveil 7h, prises des traitements. Pour les patients aptes, direction le réfectoire pour un petit-déjeuner collectif. Retour en chambre pour se préparer pour la rééducation puis soins accompagnés des soignants. Midi, repas, en chambre ou réfectoire. Après-midi, rééducation et vient enfin le moment de la visite des proches. Et enfin, le soir, repas, soit retour en chambre soit soirées animations avec les autres patients, ce qui permet de resserrer les liens. Enfin, le couché, avec ou sans aide en fonction des pathologies.

Les moments forts rythment leurs quotidiens. Son premier levé de fauteuil le 26 décembre 2012, avec des inquiétudes vis-à-vis des fractures au bassin. À sa demande, son levé a été immortalisé puis envoyé, preuve de sa combativité. Puis de l’hospitalisation complète vient l’hospitalisation de jour, quelques soignants lui ont « retourné sa chambre, lit en portefeuille, affaire de toilettes sur le lit, vêtements dans la salle de bain » lors d’une permission afin de fêter ce départ.

Garder contact, que ce soit avec les patients ou les soigneurs tombait donc sous le sens.Souvent lorsqu’elle passe à proximité du Grand feu, elle rend visite à l’équipe soignante puis à son kiné, car à son sens elle leur doit beaucoup, et qu’ils ont fait preuve de patience et de persévérance autant qu’elle.
Aujourd’hui Charline a repris le chemin du travail, elle est parfaitement autonome, conduit, et est même devenue maman.

Elise et Morgane

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One Comment

  • riviere.erika@neuf.fr'
    Erika commenté sur 10 mars 2017 Répondre

    Tu es forte Charline et ta joie de vivre au quotidien au boulot fait plaisir …. continu sur ce chemin .!!!!!! Bisous

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