« Les syndicats font manifester les jeunes, mais n’essayent pas de leur faire comprendre pourquoi »

Partager avec vos amis...Tweet about this on TwitterShare on Facebook

Suite à la présentation de la loi El Khomri, nous, élèves de Terminale L, avons demandé à nos parents de nous expliquer en quoi elle consistait, ce qui allait changer… Ils nous ont expliqué que les 35 heures étaient susceptibles d’être contournées, que les entreprises pourraient licencier sans justification et que les indemnités post-licenciement allaient diminuer.

Inquiets pour notre avenir et nous avons décidé de participer à la manifestation du 17 mars, place de la Brèche à Niort. En cours le matin jusqu’à 11h45 nous avons quitté le lycée pour nous rendre au point de rassemblement. Arrivés avec quelques minutes de retard à la manifestation, elle n’avait toujours pas commencé : personne ne bougeait, il y avait juste une musique de fond qui sortait du camion d’un manifestant.

D’ailleurs, nous avons été choqués du peu de personnes présentes pour l’événement. Ce rassemblement destiné à la base aux jeunes et aux étudiants, n’en comptait que peu. Des drapeaux de la CGT et du PCF flottaient au dessus de la manifestation, nous n’y avons pas forcément prêté attention, jusqu’à ce que, très vite, on vienne nous aborder. Cela passe par la distribution de tract mais aussi la mise en contact, c’est arrivé à un de nos amis, au cas où, “pour venir aider en cas de blocus”. La manif stagnait et nous avions une réunion au lycée visant à établir de nouveaux projets vis-à-vis de la loi, nous sommes donc partis.

Arrivés au lycée, nous sommes surpris du peu de personnes présentent durant cette assemblée (40 personnes pour une jauge de 300). Il semble que le manque d’information paralyse ou empêche la mobilisation de nombreux lycéens et lycéennes. Durant le débat des informations sur la loi ont été données et un vote a été organisé pour choisir de mettre en place un blocus au lycée ou une manifestation, mais le vote a été interrompu par une élève qui a surgi dans la salle en nous annonçons que la manifestation se retrouvait dans l’enceinte du lycée. Nous sommes sortis pour aller voir de nos propres yeux, une centaine de manifestants avaientt fait irruption dans l’enceinte du lycée avec de nombreux drapeaux, principalement ceux de la CGT.

Des chants et des slogans ont été lancés par divers groupes et repris par certains lycéens, puis des jeunes syndiqués ont commencé à encourager des élèves à venir avec eux pour faire le tour des lycées de la ville. Beaucoup ont suivi le mouvement soit par choix ou tout simplement pour faire comme les copains ; nous nous avons choisi de rester au lycée. Le cortège devait alors être composé de 400 à 500 personnes et le nombre a sans doute augmenté au fur et à mesure de la journée.

Malheureusement nous avons appris qu’à l’arrivé des manifestants à la Venise Verte (lycée situé au Clou Boucher) des problèmes sont apparus notamment des déclenchements d’alarmes dans établissement et des destructions matérielles. Ces événements donnent une image négative de la mobilisation et plus généralement des jeunes, cela va sans doute donner peu envie aux gens et aux jeunes non politisés de s’engager dans ce genre de manifestation. D’une certaine manière les syndicats et partis politiques semblent vouloir s’approprier ce mouvement des jeunes qui n’est pas politique à la base, tous les jeunes ne se reconnaissent pas dans les syndicats et les partis politiques.

Isabelle, Niortaise de 50 ans, déclare que « ce genre de tentative de récupération des mouvements lycéens par des syndicats ou des partis politiques extrêmes (gauche comme droite) n’est pas quelque chose de nouveau, c’est toujours pareil, ils essaient d’abord de s’incruster puis de récupérer le mouvement pour lui faire prendre la tournure qu’ils veulent ». Pour Maureen, jeune lycéenne engagée : « les syndicats veulent faire manifester les jeunes, mais n’essayent pas de leur faire comprendre pourquoi », elle ajoute également que « les banderoles politiques n’ont rien à faire dans un lycée public ». Pour elle l’alternative réside dans la création de « syndicats lycéens » : il semble que cela soit encore le meilleur moyen pour empêcher les appropriations de mouvements lycéens par des syndicats politiques.

Willy et Alexandre

The following two tabs change content below.
wilyetalex@gmail.com'

Willy et Alexandre G.

wilyetalex@gmail.com'

Derniers articles parWilly et Alexandre G. (voir tous)

One Comment

  • theophanegillois@gmail.com'
    Albert Fontanelle commenté sur 23 mars 2016 Répondre

    Bonjour,

    je trouve vos propos très pertinent et je les ai relayés sur la page FB dédiée à la manifestation : https://www.facebook.com/stopelkhomri79/

    N’hésitez pas à y poster vos articles, commentaires et remarques. Ce mouvement est avant tout citoyen et nous avons besoin de vous pour le faire avancer.

    Je gère la page FB du mouvement, je ne suis pas syndiqué et je suis prêt à vous rencontrer pour discuter.

    Cordialement
    Albert Fontanelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *