Marion, future maman et bachelière

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Près de 4500 naissances surviennent chaque année en France chez des mères mineures, soit 3 naissances pour 1000 femmes. Dans trois cas sur cinq, les jeunes Françaises optent pour un avortement. Marion* aura 18 ans demain. Elle est en terminale mais a dû revoir ses plans. Enceinte d’un petit garçon elle doit accoucher mi-mai. Mais comment vit-elle cette grossesse ? Était-ce voulu ? Pourquoi le garder ?

Marion est enceinte de 5 semaines lorsqu’elle apprend la nouvelle. Ayant des problèmes hormonaux, elle ne prend pas la pilule. Pour la première fois, ils oublient de se protéger. Elle achète alors un test de grossesse accompagnée de son copain avec qui elle sort depuis 8 mois. Le test est positif.

Sous le choc, elle ne sait que faire. Le garder ou pas ? Son copain lui promet alors que quelque soit sa décision, il sera toujours là. Elle sait pourtant d’ores et déjà qu’elle ne va pas le faire adopter ni accoucher sous X. Il ne reste alors que deux options : soit le garder, soit avorter.

Les choses se sont décidées le jour de l’échographie. Voyant pour la première fois son bébé, Marion se sent de suite maman et décide alors de le garder. Malgré sa promesse, son copain ne la suivra pas dans son choix. Son avis change lorsqu’il en parle avec sa mère qui ne veut entendre parler que d’avortement. Elle menace Marion en l’appelant tous les jours en allant jusqu’à sonner à sa porte pendant 2 heures. Son copain lui fait alors du chantage en lui posant un ultimatum : soit elle avorte, soit il la quitte.

« Je pense que j’ai été suffisamment clair, je ne veux pas de cet enfant. Ce n’est pas notre bébé, mais ton bébé ! C’est ton choix, pas le mien ! Je ne veux plus jamais en entendre parler. Adieu. Ce n’est pas un délit de ne pas reconnaître un enfant non désiré. » C’est par ce message qu’il la quitte.

Son ex petit ami était né d’une grossesse précoce (sa mère avait aussi 18 ans), abandonné par son père. Elle craignait qu’il reproduise les mêmes schémas. Elle commence ainsi à culpabiliser et à se remettre en question. Heureusement pour elle, ses parents finissent par accepter la perspective de devenir grands-parents. Depuis, ils l’ont toujours soutenue dans ses choix.

Ses amis, quant à eux, l’ont appris 3 mois après. Ils ne portent aucun jugement. Bien au contraire, nombre d’entre eux l’aident. Une amie lui transmet les cours toutes les deux semaines ce qui va lui permettre de passer son baccalauréat en juin prochain. Elle appréhendait les regards extérieurs, surtout ceux du lycée, mais a été agréablement surprise de s’apercevoir qu’ils n’étaient pas méprisants. Elle a reçu de nombreux soutiens de la part de professionnels de la santé comme la sage-femme et la future nourrice qui ont, elles aussi, été mamans à 18 ans.

Elle a donc eu de précieux conseils, notamment sur l’accouchement. Elle appréhende ce moment et a peur de beaucoup souffrir, mais « c’est un mal pour un bien ». Elle a assisté à un cours de préparation à l’accouchement, mais cela l’a plus stressée qu’autre chose. Elle préfère alors ne pas trop y penser. Le fait de porter cet enfant lui donne la force d’avancer et de continuer.

Marion reprendra ses études en septembre en BTS. Elle ne compte pas abandonner ses projets et passe son permis la semaine prochaine. Elle est très impatiente d’accueillir son petit garçon à la maison qui a déjà sa chambre prête. Malgré le refus catégorique du père de reconnaître son enfant, elle ne désespère pas et a déjà confectionné un carnet regroupant des photos, le nom et l’adresse de celui-ci, qu’elle donnera à son garçon le jour venu. Nous lui souhaitons donc une bonne continuation et beaucoup de bonheur pour la suite…

Blanche et Elisa

*Le prénom a été modifié

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Elisa et Blanche

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