Nathan, presque vegan

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C’est à la sortie du lycée que nous retrouvons Nathan. Bottes en cuir aux pieds, il ne cache pas son enthousiasme de nous expliquer son choix audacieux amorcé il y a quelques semaines : devenir vegan. Les bottes en cuir sont le fruit d’une transition qui n’est pas tout à fait terminée. Ces dernières années, le nombre de vegan n’a cessé d’augmenter. Comment expliquer un tel engouement ?

Aujourd’hui plus de 525 millions de personnes ne mangent ni d’animaux ni d’œufs sur terre. En France 4 millions de personnes ne mangent pas d’animaux (végétariens, végétaliens et végan confondus). Selon la définition de la Vegan Society le véganisme est « le mode de vie qui cherche à exclure, autant que ce peut, toute forme d’exploitation des animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but ».

Nathan pensait devenir vegan depuis un moment, mais c’est seulement depuis quelques semaines qu’il s’y est attelé. Comment ? « C’est très progressif, on ne peut pas tout arrêter du jour au lendemain ». Pour le moment, Nathan a réglé son alimentation, mais sa garde-robe n’est pas encore parfaitement adaptée : « ça me fait de la peine de tout jeter, je les ai payées mes bottes en cuir quand même ! »

Mais pourquoi être vegan ? La question se pose et plusieurs réponses s’offrent à nous. La plus répandue est la raison animale. Cela concerne la violence faite aux animaux dans les abattoirs, dans les centres d’élevages intensif, ainsi que leur exploitation et leur utilisation pour les loisirs (cuir, laine, zoo, corridas…). « Oui ma raison à moi c’est les animaux, je milite depuis très longtemps en leur cause ». Arrêter la consommation de viande n’est pas facile, Nathan affirme qu’au début les tentations sont nombreuses, que cela concerne la viande en plat ou les cookies restés au fond du placard de la cuisine…

Pour ce qui est des courses, « c’est souvent marqué en gras s’il y a des ingrédients d’origine animale ou non, même si des erreurs sont commises par mégarde. Par exemple avec ce paquet de chips que j’ai acheté hier, il y avait du lactose. »

Des écarts sont possibles, Nathan n’a pas voulu embêter sa tante qu’il voit très rarement quand il a séjourné chez elle, il a donc repris la viande pendant une semaine, mais « ce n’est pas grave, c’est exceptionnel je ne suis pas pour autant Satan ».

Les vegans se soucient également de l’environnement, car la production animale consomme de l’énergie, des ressources alimentaires et des ressources en eau. Aujourd’hui, des scientifiques et organisations internationales déclarent que la consommation de viande est la principale menace à la survie de la planète. Nathan n’avait jamais réfléchi à cette cause-là…

Beaucoup de personnes non vegan pensent que ce régime alimentaire est mauvais pour la santé. Ce ne sont que des idées reçues, en vérité une bonne planification de l’alimentation (plus de féculents, de fruits, de légumes, de graines, de légumineuses) est adaptée à tous les stades de la vie (grossesse, enfance et adolescence comprises). Il est même reconnu que ce mode d’alimentation est plus sain. « Mes parents ont compris et on a organisé mes menus, donc je mange équilibré. Par contre c’est plus difficile à la cantine. Il y a des jours ou je me ressers énormément de salade ! » Pas très pratique pour les élèves…

Nathan combat également certains clichés. « On me dit souvent que je broute de l’herbe et que je dors sur un paillasson ». Mais il n’en tient pas rigueur, car la plupart ne sont pas informés. « Ce sont juste des clichés, ils sont mal renseignés. » Un monde sans exploitation animale ? « Possible, mais c’est comme pour tout, c’est progressif et long. »

Il existe des orthodoxes dans le veganisme qui se font plus entendre, mais qui surtout considèrent leur idéologie légitime. « Ils font ce qu’ils veulent, c’est leur approche, mais pour moi ce n’est pas efficace. Et puis on peut essayer de sensibiliser les gens, mais pas les forcer ou les brutaliser ! C’est l’effet inverse qui est provoqué : ils ne veulent pas être vegan, on les dégoûte et on a une mauvaise réputation après. Il faut que les gens deviennent vegans par une sorte de psychologie inversée : de leur plein gré, en pleine conscience ».

Josephine, Margot et Sarah

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One Comment

  • nadine.motard@cegetel.net'
    Nadine M. commenté sur 11 mars 2017 Répondre

    Bravo! A travers la lecture de cet article, on découvre vraiment ce qu’est le véganisme. On comprend bien que contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas un simple effet de mode mais une décision qui doit être murement réfléchie puisqu’elle implique des changements conséquents…

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