« On parle souvent des femmes battues mais on ne fait jamais rien pour elles »

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En France, en 2014, une femme est décédée tous les 3 jours sous les coups de son compagnon et chaque année près de 216.000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles. Des chiffres qui représentent une réalité statistique mais sont loin de refléter la réalité, toutes les violences ne sont pas signalées donc non comptabilisées.

Alicia* a 24 ans, elle a été victime de violences conjugales pendant 3 ans. Tout a commencé avec des violences psychologiques. « Au fil des années, t’as plus confiance en toi parce que tu es prise pour une merde, tu as l’impression de ne rien valoir, tu perds des personnes de ton entourage au fur et à mesure. Une fois que tout ça est fait, il lève la main sur toi » confie-t-elle. A ce moment précis la solitude prend le pas, personne n’est au courant dans son entourage.

Sa voisine ayant entendu les deux dernières fois où il a levé la main sur elle, elles sont allées ensemble à la gendarmerie pour déposer une main courante. Ses parents, à l’annonce de cette nouvelle, ont fait le nécessaire pour qu’il s’en aille. Son père sous le coup de la colère a voulu régler ses comptes avec lui. Sa mère elle, s’en est voulue de ne pas s’en être aperçue plus tôt, elle l’a très mal vécu.

Le conjoint est alors fiché comme agresseur. Elle n’a pas encore toutes les informations du jugement puisque ce que les procédures prennent beaucoup de temps. Elle pense qu’il n’a pas été violent uniquement avec elle, il est possible que ses actes le suivent toute sa vie. Elle avoue également que « ce qui fait le plus mal c’est que tu te rends compte que dans la justice française, on parle souvent des femmes battues, mais on ne fait jamais rien pour ces personnes. »

Si elle n’a pas porté plainte, c’est par « manque de courage » dit-elle. « La dernière fois qu’il m’a tapé dessus, quand je suis sortie dehors, il a menacé de tuer mes parents si je portais plainte » ajoute-t-elle. Aujourd’hui, elle aimerait pouvoir porter plainte, seulement la question qu’elle se pose est « pourquoi un an et demi après ? Pourquoi maintenant ?». Elle précise qu’avec du recul, elle aurait aimé le faire.

Pour surmonter cette épreuve, elle ne s’est pas tournée vers des psychologues ou associations. Sa famille et ses amis lui ont été plus bénéfiques pour pouvoir s’en sortir. Alicia nous dira alors « je me sens mieux, mais ça détruit une partie de ta vie ». Si elle devait donner un conseil aux personnes concernées, elle dirait : « Au moment où il y a de la violence, ne serait-ce que psychologique, il faut s’en aller parce que sinon ça ne fait qu’empirer. »

Natalis et Elsa

*prénom modifié

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